MUMIALIBRE 
Mumia Abu-Jamal
8 octobre 2008
Copyright 08 Mumia Abu-Jamal
Pour des millions de personnes, la crise et le crash économiques paraissent presque mystiques. Que s'est-il passé? Pourquoi, et
comment cela est arrivé?
Ça semble bien plus complexe, que ce qu'il en est, en réalité; car les médias privés sont, le plus souvent, plus une source de confusion qu'une source de clarté.
Les médias prospèrent sur le conflit, le chaos et la controverse. J'ai pu trouver dans la presse anglaise de gauche ce qui n'était jamais apparu dans les médias privés: une lettre ouverte, datée de 2002, d'un homme d'affaires américain du nom de Warren Buffet, adressée à ses actionnaires de Berkshire Hathaway. Buffet, l'une des plus grosses fortunes des Etats-Unis, conseillait à ses actionnaires d'éviter les "dérivés", qu'il décrivait comme des « bombes à retardement, tant pour les tiers qui les traitent, que pour le système économique ».
Buffet expliquait que les dérivés sont des accords financiers pour l'échange d'argent à une date ultérieure, pouvant aller jusqu'à 20 ans et plus. Ce qui les rend dangereux, c'est qu'ils sont garantis sur des points de référence qui sont, la plupart du temps, éronés. Par exemple, nous sommes en 2004 et nous négocions une dérivée pour dans 10 ans ; admettons que la valeur du marché mondial doublera pendant ce temps; en 2014 l'acheteur de la dérivée recevra, disons 10 millions de dollars. Dans de nombreux cas, avant qu'une dérivée soit exécutée, aucun Penny n'aura changé de main. Cependant quelques sociétés ont déjà assigné une valeur à ces ins
Buffet expliquait également il y a six ans pourquoi ces instruments devaient être évités, écrivant à ses actionnaires la chose suivante :
« À présent, le génie des dérivées est sorti de sa lampe, et ces instruments vont certainement se multiplier en variété et en nombre jusqu'à ce qu'un évènement survienne pour démontrer leur toxicité. Les secteurs du gaz et de l'électricité se sont déjà aperçus de leur dangerosité, pour en avoir déjà subi des dommages majeurs; et ils en sont venus à diminuer drastiquement leur utilisation. Cependant, partout ailleurs, les dérivées s'étendent sans aucun contrôle. Les Banques Centrales et les Gouvernements n'ont absolument aucun moyen efficace de maîtriser, ou même de mesurer les risques causés par de tels contrats ».
Pour conclure, Buffet avertissait : « ces dérivées sont des armes financières de destruction massive, qui présentent un danger... potentiellement léthal »
Mumia Abu-Jamal, couloir de la mort, 8 octobre 2008
Traduction : Yannick Sanchez